Je venais voir la mer

Je venais voir la mer

Texte : Nicolas GIRARD-MICHELOTTI

Mise en scène : Nicolas PETISOFF

Avec : Hervé REY   

En cours de production  avec le soutien de l’ADAMI

 

Un homme revient dans une ville de bord de mer qu’il a connue, revient, comme aimanté, dans une maison qu’il a connue, retrouve une personne qu’il a connue, et la vouvoie. C’est le soliloque de quelqu’un qui, pour espérer une réponse, devra donner un peu plus que ce qu’il espérait donner — clarifier, ce que, précisément, il maintenait dans le flou.

Il était une fois un enfant et la mer et la suite est horrible.

Cet enfant, c’est celui de l’Autre. C’est Matisse, souvenir déjà écorné. Cet enfant, c’est presque le sien. Ils l’ont aimé ensemble, l’ont vu grandir, pour un temps, à deux. Mais l’homme a fait trop de mal à l’Autre, à la suite de quoi tout a été perdu.

Dans un chalet, qu’on a fermé à clé, pour ne plus le rouvrir, la poussière tombe sur le petit imper et dans le bol qui, comme une cicatrice, garde l’empreinte du lait évaporé.

Une décennie plus tard, sur la plage même où il avait grandi, Matisse, alors adolescent, est avalé par la mer. L’homme, qui suivait de loin en loin le garçon qu’on lui avait interdit de revoir, apprend la nouvelle, et les douleurs ensevelies remontent à la surface.

C’est le monologue de quelqu’un qui cherche son chemin vers le tu, comme on cherche une issue vers la vie.